2G, 3G, cuivre : quel matériel pour quel ascenseur ?
Trois réseaux s'arrêtent en même temps : la 2G cet automne, la 3G à partir de 2028, les lignes analogiques commune après commune jusqu'en 2030. Selon le point de départ de l'appareil, la bonne réponse n'est pas la même. Le guide pour choisir sans se tromper.

Pourquoi maintenant
Orange annonce l'arrêt complet de son réseau 2G le 20 octobre 2026 ; selon la fiche pratique de l'Arcep, SFR éteindra le sien entre le 15 novembre et le 15 décembre 2026. La 3G suit : 2028 chez Orange comme chez SFR, 2029 chez Bouygues Telecom, toujours selon l'Arcep. Le réseau cuivre, lui, ferme par lots : 2 145 communes perdront leurs lignes analogiques au 31 janvier 2027, et le calendrier d'Orange court jusqu'en 2030.
À cela s'ajoute une obligation d'entretien. Depuis le 1er avril 2026, un décret impose de vérifier les moyens d'alerte toutes les six semaines et d'avertir le propriétaire par lettre recommandée, renouvelée tous les six mois, tant qu'ils dépendent du réseau téléphonique commuté ou d'un réseau mobile de troisième génération ou antérieur. Le contrôle technique porte désormais lui aussi sur ces moyens d'alerte.
Selon la Fédération des Ascenseurs, quelque 230 000 appareils communiquaient encore en 2G fin 2025, et environ 60 000 en 3G. Ce n'est plus une question de principe, mais de planning. Et comme ces calendriers ont déjà bougé, revérifiez-les à la source avant de lancer une campagne.
En bref
- Trois réseaux disparaissent en même temps : la 2G cette année, la 3G à partir de 2028, le cuivre jusqu'en 2030.
- La bonne réponse dépend du point de départ : ligne analogique, passerelle 2G ou 3G, ou téléalarme en fin de vie.
- Cinq informations relevées sur site suffisent à commander le bon matériel.

Trois situations couvrent l'essentiel des parcs.

Cas n° 1 — La téléalarme est sur une ligne analogique
La téléalarme fonctionne, c'est la ligne qui disparaît. Une passerelle 4G recrée une ligne téléphonique à partir du réseau mobile : elle délivre la tonalité, accepte la numérotation et établit l'appel. La téléalarme s'y branche à la place de la prise murale, sans recâblage de la cabine.
C'est la solution la plus rapide, mais elle demande deux vérifications. La première porte sur l'identification : beaucoup de téléalarmes utilisent des tonalités, fragiles sur les réseaux récents, et le couple téléalarme-passerelle doit avoir été éprouvé ensemble (nous y revenons dans VoLTE et DTMF). La seconde porte sur l'alimentation : si la téléalarme a une batterie de secours, la passerelle doit en avoir une aussi.
Cas n° 2 — L'appareil a déjà une passerelle, mais en 2G ou en 3G
On remplace la passerelle par un modèle 4G, en conservant la téléalarme. C'est l'intervention de quelques heures que décrit la Fédération des Ascenseurs : la difficulté est surtout organisationnelle — trouver les appareils concernés, planifier les accès, regrouper les tournées.
Deux points d'attention. L'emplacement de l'antenne, d'abord : un niveau confortable devant la porte de la machinerie ne dit rien de ce que reçoit un boîtier posé derrière une armoire métallique ; le niveau se mesure là où la passerelle sera fixée, avec au besoin une antenne à gain ou une rallonge. La carte SIM, ensuite : elle se change en même temps que la passerelle, et une carte multi-opérateurs évite de dépendre du seul réseau qui vient de s'arrêter.
Cas n° 3 — La téléalarme elle-même est à bout de souffle
Modèle ancien, pièces introuvables, phonie médiocre : mieux vaut passer à une téléalarme numérique, avec sa triphonie et sa passerelle intégrée. La triphonie relie la cabine, le toit de cabine et la cuvette, pour que l'usager bloqué comme le technicien puissent parler et être entendus. Ses événements passent par le réseau de données : l'identification ne dépend plus de la qualité du canal vocal.
Nos packs sont composés par marque d'ascenseur, pour arriver avec les bons faisceaux, et comprennent la carte SIM. Le matériel est paramétré et étiqueté en atelier : il reste à poser, raccorder et essayer.
Avant de commander : cinq informations à relever
- la marque de l'ascenseur et la référence de la téléalarme en place ;
- le mode de transmission actuel : ligne analogique, passerelle 2G, 3G ;
- la présence d'une alimentation secourue ;
- le niveau de réception 4G à l'endroit prévu pour la passerelle ;
- le centre de réception des appels, et le protocole qu'il attend.
Ces cinq réponses se relèvent en une visite et se notent dans l'inventaire du parc. La référence de la téléalarme figure sur l'étiquette du boîtier ; le mode de transmission se lit au câblage, une paire partant vers la colonne montante indiquant une ligne analogique. Le protocole attendu, lui, se demande au centre de réception : c'est lui qui décodera.
Les erreurs les plus fréquentes
- Mesurer la réception sur le palier, et non à l'emplacement réel du boîtier.
- Changer la passerelle sans vérifier la carte SIM. Il n'est pas toujours nécessaire de la changer, mais il faut s'assurer qu'elle est compatible avec la nouvelle passerelle et le réseau 4G.
- Déclarer un appareil migré sans appel de test : la liaison n'est validée que lorsque le centre a identifié l'appel.
- Traiter le parc au fil des pannes plutôt que par secteur.
Questions fréquentes
Faut-il remplacer la téléalarme en même temps que la passerelle ?
Pas toujours. Beaucoup de téléalarmes en place fonctionnent derrière une passerelle 4G ; la compatibilité se vérifie appareil par appareil. On la remplace quand le modèle n'est plus suivi, que les pièces manquent ou qu'aucune passerelle ne tient l'identification.
La carte SIM est-elle comprise ?
Dans nos packs, oui : une carte multi-opérateurs voix, données et SMS, avec douze mois d'abonnement. Il n'y a donc ni abonnement à ouvrir ailleurs, ni ligne à créer.
Peut-on garder le même centre de réception des appels ?
Oui, à condition que le protocole qu'il attend soit celui que le nouvel ensemble sait produire. Dites-nous quel centre reçoit vos alarmes : nous vérifions avant la commande.
Combien de temps faut-il pour traiter un parc entier ?
La technique prend quelques heures par appareil ; c'est l'organisation qui fixe le rythme : inventaire, préconisation appareil par appareil, préparation en atelier, puis expédition suivie et tournées regroupées par secteur.
Les passerelles 4G et VoIP · Téléalarmes et triphonie numériques · Comment commander
Sources
- Légifrance — décret n° 2026-166 du 4 mars 2026 visant à garantir la sécurité des ascenseurs face à l'arrêt de certains réseaux téléphoniques
- Orange — calendrier de l'arrêt de la 2G et de la 3G (page consultée le 20 septembre 2026)
- Arcep — fiche pratique « Extinction des réseaux mobiles 2G et 3G » (mise à jour du 10 septembre 2026)
- Orange — calendrier de fermeture du réseau cuivre (page consultée le 20 septembre 2026)
- Fédération des Ascenseurs — « Téléalarme : extinction des réseaux 2G, 3G et RTC, les principales dates à retenir »